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?La pr¨¦sente publication est une publication ind¨¦pendante command¨¦e par le Comit¨¦ de l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale des Nations Unies pour l¡¯exercice des droits inali¨¦nables du peuple palestinien. L¡¯analyse et les d¨¦clarations contenues dans ce rapport ne refl¨¨tent pas n¨¦cessairement les opinions de l¡¯Organisation des Nations Unies (ONU) ou du Comit¨¦. Toute demande de renseignements concernant cette publication doit ¨ºtre adress¨¦e au secr¨¦tariat du Comit¨¦, ¨¤ l¡¯adresse ¨¦lectronique suivante?: unpalestinecommittee@un.org

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Partie?I

La pr¨¦sente ¨¦tude examine deux questions centrales. Dans un premier temps, il s¡¯agit de d¨¦terminer, au regard du droit international, si les mesures d¡¯annexion de facto et de jure, la poursuite de la colonisation et l¡¯occupation prolong¨¦e du territoire palestinien ¨C la Cisjordanie, y compris J¨¦rusalem-Est, et la bande de Gaza ¨C par Isra?l rendent l¡¯occupation ill¨¦gale. Dans un deuxi¨¨me temps, si l¡¯ill¨¦galit¨¦ de l¡¯occupation est confirm¨¦e, l¡¯¨¦tude examine la question soulev¨¦e par les cons¨¦quences d¡¯une telle constatation. Si une occupation peut devenir ill¨¦gale, quelles en seraient les cons¨¦quences juridiques pour tous les ?tats et les Nations Unies, compte tenu, entre autres, des r¨¨gles et principes du droit international, y compris, mais sans s¡¯y limiter, la Charte des Nations Unies, la quatri¨¨me Convention de Gen¨¨ve, le droit international en mati¨¨re de droits de l¡¯homme, les r¨¦solutions pertinentes du Conseil de s¨¦curit¨¦, de l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale et du Conseil des droits de l¡¯homme, ainsi que l¡¯avis consultatif de la Cour internationale de Justice du 9?juillet 2004??

L¡¯¨¦tude ¨¦tablit qu¡¯il existe deux motifs clairs dans le droit international pour d¨¦terminer quand une occupation bellig¨¦rante peut ¨ºtre qualifi¨¦e d¡¯ill¨¦gale. Premi¨¨rement, lorsqu¡¯une occupation bellig¨¦rante d¨¦coule d¡¯un emploi de la force prohib¨¦ constitutif d¡¯un acte d¡¯agression, cette occupation est ill¨¦gale ab initio. Deuxi¨¨mement, lorsqu¡¯une occupation bellig¨¦rante d¨¦coule d¡¯un emploi de la force autoris¨¦ en cas de l¨¦gitime d¨¦fense en vertu de l¡¯Article?51 de la Charte des Nations Unies, mais qu¡¯elle est ensuite men¨¦e ultra vires des principes et des r¨¨gles du droit international humanitaire et en violation des normes imp¨¦ratives du droit international, la conduite de l¡¯occupation peut constituer un emploi de la force inutile et disproportionn¨¦ en cas de l¨¦gitime d¨¦fense. L¡¯¨¦tude examine les violations par Isra?l des normes imp¨¦ratives du droit international, de l¡¯interdiction de l¡¯acquisition de territoires par la force, du droit des peuples ¨¤ disposer d¡¯eux-m¨ºmes et de l¡¯interdiction de la discrimination raciale et de l¡¯apartheid, autant d¡¯indicateurs d¡¯une occupation administr¨¦e en violation des principes de n¨¦cessit¨¦ et de proportionnalit¨¦ qui encadrent l¡¯emploi de la force en cas de l¨¦gitime d¨¦fense.

Partie?II – Le caract¨¨re de l¡¯occupation bellig¨¦rante

La deuxi¨¨me partie de l¡¯¨¦tude fournit une introduction th¨¦matique au caract¨¨re juridique de l¡¯occupation bellig¨¦rante et ¨¤ l¡¯approche divergente d¡¯Isra?l ¨¤ l¡¯¨¦gard de. Ce faisant, elle examine de mani¨¨re g¨¦n¨¦rale les principes sur lesquels reposent les lois r¨¦gissant l¡¯occupation bellig¨¦rante, pr¨¦sente la th¨¦orie de l¡¯occupation bellig¨¦rante ill¨¦gale en vertu du jus bello, et met en lumi¨¨re la pratique et la jurisprudence internationales qualifiant les occupations bellig¨¦rantes d¡¯ill¨¦gales en vertu du jus ad bellum. En outre, l¡¯¨¦tude pr¨¦sente les principes fondamentaux des politiques et positions officielles d¡¯Isra?l sur le caract¨¨re de l¡¯occupation bellig¨¦rante de la Palestine, son entreprise de colonisation et son annexion du territoire palestinien.

Les lois r¨¦gissant l¡¯occupation bellig¨¦rante ¨¦tablissent un certain nombre de principes importants, notamment le caract¨¨re temporaire ou de facto de l¡¯occupation consacr¨¦ par l¡¯article?42 du R¨¨glement de La Haye (1907), qui stipule qu¡¯??un territoire est consid¨¦r¨¦ comme occup¨¦ lorsqu¡¯il se trouve plac¨¦ de fait sous l¡¯autorit¨¦ de l¡¯arm¨¦e ennemie??. Ainsi, bien que l¡¯autorit¨¦ gouvernementale puisse ¨ºtre ??temporairement perturb¨¦e ou territorialement restreinte?? pendant une occupation bellig¨¦rante, ??l¡¯?tat reste la m¨ºme personne internationale??[1]. La Puissance occupante n¡¯acquiert donc pas la souverainet¨¦ sur le territoire occup¨¦[2], mais est au contraire oblig¨¦e d¡¯administrer le territoire en mettant en balance l¡¯int¨¦r¨ºt sup¨¦rieur de la population du territoire occup¨¦ et la n¨¦cessit¨¦ militaire, en vertu du principe restrictif de la conservation (??principe conservationniste??)[3]. La pr¨¦sente ¨¦tude met surtout en ¨¦vidence les positions des principales autorit¨¦s en mati¨¨re de droit international, lesquelles consid¨¨rent que la pratique de l¡¯??occupation prolong¨¦e?? fait r¨¦f¨¦rence ¨¤ des occupations d¡¯une dur¨¦e maximale de quatre ou cinq ans, comme l¡¯occupation de la Belgique par l¡¯Allemagne pendant la Premi¨¨re Guerre mondiale (quatre ans)[4] ou l¡¯occupation de la Norv¨¨ge par l¡¯Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale (cinq ans)[5]. Michael Lynk, ancien Rapporteur sp¨¦cial des Nations Unies, observe que, plus r¨¦cemment, les occupations conformes aux principes du droit d¡¯occupation ??n¡¯ont pas d¨¦pass¨¦ 10?ans, y compris l¡¯occupation du Japon par les ?tats-Unis, l¡¯occupation de l¡¯Allemagne de l¡¯Ouest par les Alli¨¦s et l¡¯occupation de l¡¯Iraq men¨¦e par les ?tats-Unis??[6].

Le fait que les occupations bellig¨¦rantes puissent ¨ºtre consid¨¦r¨¦es comme ill¨¦gales n¡¯est pas propre ¨¤ Isra?l. Par exemple, dans l¡¯Affaire des activit¨¦s arm¨¦es sur le territoire du Congo (2005), la Cour internationale de Justice a estim¨¦ que l¡¯occupation de l¡¯Ituri par l¡¯Ouganda ??violait le principe du non-recours ¨¤ la force dans les relations internationales et le principe de non-intervention??[7]. Parall¨¨lement, le Conseil de s¨¦curit¨¦ de l¡¯ONU a condamn¨¦ l¡¯??occupation ill¨¦gale?? du Kowe?t[8] par l¡¯Iraq et l¡¯??administration ill¨¦gale?? de l¡¯Afrique du Sud en Namibie[9]. L¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale des Nations Unies a quant ¨¤ elle appel¨¦ les ?tats tiers ¨¤ ne pas ??reconna?tre comme licite la situation cr¨¦¨¦e par l¡¯occupation de territoires de la R¨¦publique d¡¯Azerba?djan??[10] et a condamn¨¦ le Portugal pour avoir ??perp¨¦tu¨¦ son occupation ill¨¦gale?? de la Guin¨¦e-Bissau[11]. De m¨ºme, la Commission des droits de l¡¯homme de l¡¯Organisation des Nations Unies a d¨¦nonc¨¦ la ??poursuite de l¡¯occupation ill¨¦gale du Kampuchea par le Viet Nam??[12]. En 1977, l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale s¡¯est d¨¦clar¨¦e ??profond¨¦ment pr¨¦occup¨¦e de ce que les territoires arabes occup¨¦s depuis 1967 demeurent depuis plus de dix ans sous I¡¯occupation ill¨¦gale d¡¯Isra?l et de ce que le peuple palestinien, apr¨¨s trois d¨¦cennies, continue d¡¯¨ºtre priv¨¦ de l¡¯exercice de ses droits nationaux inali¨¦nables??[13]. De m¨ºme, les pr¨¦ambules des r¨¦solutions successives du Conseil ¨¦conomique et social de l¡¯ONU font r¨¦f¨¦rence aux ??graves cons¨¦quences de l¡¯occupation isra¨¦lienne ill¨¦gale, qui se poursuit, et de toutes ses manifestations??[14].

Enfin, la section?II se termine par une pr¨¦sentation des politiques et des positions d¡¯Isra?l sur la nature de son administration du territoire palestinien, la l¨¦galit¨¦ des colonies de peuplement et l¡¯annexion de J¨¦rusalem. Par exemple, le Minist¨¨re isra¨¦lien des affaires ¨¦trang¨¨res consid¨¨re qu¡¯il existe des ??revendications concurrentes?? sur la Cisjordanie qui ??devraient ¨ºtre r¨¦solues dans le cadre des n¨¦gociations du processus de paix??, y compris en ce qui concerne les colonies[15].?Toutefois, la Haute Cour de justice isra¨¦lienne, dans l¡¯affaire Conseil r¨¦gional de la c?te de Gaza contre Knesset d¡¯Isra?l, a estim¨¦ que ??le point de vue juridique de tous les gouvernements d¡¯Isra?l?? est que ??les zones sont d¨¦tenues par Isra?l dans le cadre d¡¯une occupation bellig¨¦rante??[16]. N¨¦anmoins, Isra?l n¡¯applique pas la quatri¨¨me Convention de Gen¨¨ve (1949) au territoire occup¨¦, car il ne l¡¯a pas transpos¨¦e dans son droit interne?; en outre, sur le plan politique, Isra?l conteste l¡¯application de la Convention en se fondant sur sa th¨¦orie de l¡¯absence de souverainet¨¦. De son c?t¨¦, Isra?l consid¨¨re J¨¦rusalem occup¨¦e comme ??la capitale ¨¦ternelle et indivise d¡¯Isra?l??[17] et explique que J¨¦rusalem a ¨¦t¨¦ ??r¨¦unifi¨¦e?? en 1967 ??¨¤ la suite de la Guerre de Six Jours lanc¨¦e contre Isra?l par le monde arabe??[18].

Partie III – L¨¦galit¨¦ de l¡¯occupation

La partie III pr¨¦sente deux motifs distincts pour lesquels, en vertu du jus ad bellum, une occupation bellig¨¦rante peut ¨ºtre consid¨¦r¨¦e comme ill¨¦gale, que ce soit d¨¨s le d¨¦but de l¡¯occupation ou ¨¤ un stade ult¨¦rieur. Premi¨¨rement, une occupation r¨¦sultant d¡¯un acte d¡¯agression est ill¨¦gale ab initio. Le paragraphe?4 de l¡¯Article?2 de la Charte des Nations Unies dispose que ??[l]es Membres de l¡¯Organisation s¡¯abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir ¨¤ la menace ou ¨¤ l¡¯emploi de la force, soit contre l¡¯int¨¦grit¨¦ territoriale ou l¡¯ind¨¦pendance politique de tout ?tat, soit de toute autre mani¨¨re incompatible avec les buts des Nations Unies??. La responsabilit¨¦ p¨¦nale peut ¨ºtre engag¨¦e pour des actes d¡¯occupation de nature agressive?; par exemple, le Tribunal militaire international (TMI) de Nuremberg a consid¨¦r¨¦ que l¡¯Autriche ¨¦tait ??occup¨¦e en vertu d¡¯un plan commun d¡¯agression??[19].

Deuxi¨¨mement, une occupation bellig¨¦rante peut ¨ºtre men¨¦e d¡¯une mani¨¨re qui ¨¦quivaut ¨¤ un emploi de la force inutile et disproportionn¨¦ en cas de l¨¦gitime d¨¦fense[20]. La jurisprudence de la Cour internationale de Justice fournit ici des indications utiles sur la proportionnalit¨¦. Par exemple, dans l¡¯affaire Nicaragua, la Cour internationale de Justice a estim¨¦ que ??la r¨¦action des ?tats-Unis, dans le cadre de ce que ce pays consid¨¨re comme l¡¯exercice d¡¯une l¨¦gitime d¨¦fense collective, s¡¯est poursuivie longtemps apr¨¨s la p¨¦riode durant laquelle toute agression arm¨¦e suppos¨¦e de la part du Nicaragua pourrait raisonnablement ¨ºtre envisag¨¦e??[21]. En outre, dans l¡¯affaire Armes nucl¨¦aires, la Cour internationale de Justice a laiss¨¦ entendre qu¡¯un emploi de la force devait satisfaire en particulier aux ??principes et r¨¨gles du droit humanitaire?? pour ¨ºtre licite en cas de l¨¦gitime d¨¦fense[22]. Selon la pr¨¦sente ¨¦tude, la violation par la Puissance occupante des principes et des r¨¨gles du droit international humanitaire et des normes imp¨¦ratives du droit international est le signe incontestable du caract¨¨re disproportionn¨¦ d¡¯un emploi de la force. Ces violations comprennent les annexions de facto et de jure de territoires, l¡¯acquisition ill¨¦gale de territoires par l¡¯emploi de la force, le d¨¦ni du droit des peuples ¨¤ disposer d¡¯eux-m¨ºmes et l¡¯administration du territoire occup¨¦ en violation de l¡¯interdiction de la discrimination raciale et de l¡¯apartheid.

Apr¨¨s avoir ¨¦tabli les deux motifs d¡¯occupation ill¨¦gale en vertu du jus ad bellum, l¡¯¨¦tude examine un autre motif d¡¯ill¨¦galit¨¦ distinct, ¨¤ savoir la violation par la Puissance occupante du droit externe ¨¤ l¡¯autod¨¦termination de la Palestine en tant que territoire sous mandat. Le paragraphe?2 de l¡¯Article premier de la Charte des Nations Unies consacre le droit des peuples ¨¤ disposer d¡¯eux-m¨ºmes, un principe jus cogens dans le droit international[23] qui impose aux ?tats des obligations erga omnes[24]. Le droit des peuples ¨¤ disposer d¡¯eux-m¨ºmes a une r¨¦sonance particuli¨¨re pour les territoires sous mandat, car il a valeur de ??mission sacr¨¦e?? pour la communaut¨¦ internationale en attendant l¡¯ind¨¦pendance totale. En tant que tel, le processus colonial ne peut ¨ºtre consid¨¦r¨¦ comme pleinement achev¨¦ que lorsque le droit des peuples ¨¤ disposer d¡¯eux-m¨ºmes a ¨¦t¨¦ exerc¨¦ par les habitants de la colonie[25]. L¡¯avis consultatif rendu dans l¡¯affaire du Sud-Ouest africain fournit l¡¯exemple m¨ºme d¡¯une occupation ill¨¦gale d¡¯un territoire sous mandat, consid¨¦r¨¦e par la Cour internationale de Justice comme ill¨¦gale ab initio. Cependant, alors que le Sud-Ouest africain ¨¦tait un territoire sous mandat, maintenu sous occupation apr¨¨s la fin du mandat, il peut ¨ºtre distingu¨¦ de la Palestine, qui est un territoire sous mandat maintenu sous occupation bellig¨¦rante dans le cadre d¡¯un conflit arm¨¦ international. N¨¦anmoins, si l¡¯occupation est administr¨¦e dans le refus de l¡¯exercice du droit du peuple ¨¤ l¡¯autod¨¦termination externe et ¨¤ la souverainet¨¦, cela peut ¨¦galement ¨ºtre consid¨¦r¨¦ comme une violation de la ??mission sacr¨¦e??. Selon les circonstances ¨¤ l¡¯origine de la violation de l¡¯autod¨¦termination, l¡¯occupation peut ¨ºtre ill¨¦gale soit ab initio soit ult¨¦rieurement.

Partie?IV ¨C Preuves ¨¤ l¡¯appui de la conclusion selon laquelle l¡¯occupation isra¨¦lienne est devenue ill¨¦gale

La partie?IV fournit la base factuelle pour ¨¦tayer la conclusion selon laquelle l¡¯occupation isra¨¦lienne est ill¨¦gale. L¡¯¨¦tude pr¨¦sente des preuves claires et convaincantes qu¡¯Isra?l a attaqu¨¦ l¡¯?gypte en premier, dans un acte d¡¯agression, rendant l¡¯occupation qui en a d¨¦coul¨¦ ill¨¦gale d¨¨s le d¨¦part. Lors de la r¨¦union du Conseil de s¨¦curit¨¦ sur le sujet en 1967, l¡¯argument de la l¨¦gitime d¨¦fense anticip¨¦e a ¨¦t¨¦ rejet¨¦ comme ¨¦tant incompatible avec la Charte des Nations Unies[26]. Isra?l a fond¨¦ ses arguments de l¨¦gitime d¨¦fense sur deux motifs?: premi¨¨rement, le blocus du d¨¦troit de Tiran par l¡¯?gypte constituait un acte d¡¯agression?; deuxi¨¨mement, il a agi en r¨¦ponse aux attaques transfrontali¨¨res des colonnes blind¨¦es ¨¦gyptiennes. Toutefois, le blocus du d¨¦troit de Tiran par l¡¯?gypte ¨¦tait essentiellement un blocus ¨¦gyptien de sa propre mer en r¨¦ponse ¨¤ une menace d¡¯attaque de la part d¡¯Isra?l, ¨¤ la diff¨¦rence du ??blocus des ports ou des c?tes?? d¡¯Isra?l[27]. Comme le note Schwarzenberger, ??l¡¯Article?51 de la Charte permet de se pr¨¦parer ¨¤ la l¨¦gitime d¨¦fense??[28]. Les mesures pr¨¦paratoires prises par un ?tat en vue de la l¨¦gitime d¨¦fense comprennent des mesures de pr¨¦caution sp¨¦ciales dans ses eaux territoriales[29]. N¨¦anmoins, le Minist¨¨re isra¨¦lien des affaires ¨¦trang¨¨res a ouvertement publi¨¦ qu¡¯il avait lanc¨¦ une attaque pr¨¦ventive contre l¡¯?gypte, d¨¦clarant?: ??Isra?l a anticip¨¦ l¡¯attaque in¨¦vitable en frappant l¡¯arm¨¦e de l¡¯air ¨¦gyptienne alors que ses avions ¨¦taient encore au sol??[30]. Compte tenu de l¡¯interdiction des attaques pr¨¦ventives, l¡¯attaque d¡¯Isra?l contre l¡¯?gypte peut ¨ºtre consid¨¦r¨¦e comme un emploi illicite de la force, rendant ill¨¦gale l¡¯occupation qui en a d¨¦coul¨¦.

L¡¯¨¦tude examine ¨¦galement la violation par Isra?l de trois normes imp¨¦ratives du droit international, signe que l¡¯occupation bellig¨¦rante est administr¨¦e d¡¯une mani¨¨re qui viole les principes de n¨¦cessit¨¦ et de proportionnalit¨¦ de la l¨¦gitime d¨¦fense. Tout d¡¯abord, l¡¯¨¦tude ¨¦tablit qu¡¯en 1967, Isra?l a annex¨¦ de jure J¨¦rusalem-Est avec l¡¯adoption de la loi?5727-1967 relative aux ordonnances municipales (amendement no?6)?; puis, en 1980, en vertu de sa ??Loi fondamentale?sur J¨¦rusalem?? quasi-constitutionnelle, Isra?l a revendiqu¨¦ la ville sur le plan constitutionnel en tant que ??capitale d¡¯Isra?l??, d¨¦montrant ainsi sa volont¨¦ d¡¯acqu¨¦rir le territoire de mani¨¨re permanente[31]. L¡¯¨¦tude conclut ¨¦galement qu¡¯Isra?l a annex¨¦ de facto la zone C de la Cisjordanie. En 1967, le conseiller juridique du Minist¨¨re isra¨¦lien des affaires ¨¦trang¨¨res a communiqu¨¦, dans un c?ble classifi¨¦, les raisons annexionnistes pour lesquelles Isra?l ne pouvait pas appliquer la quatri¨¨me Convention de Gen¨¨ve (1949)?: ??Nous devons laisser ouvertes toutes les options concernant les fronti¨¨res, nous ne devons pas reconna?tre que notre statut dans les territoires administr¨¦s est simplement celui d¡¯une Puissance occupante??[32].?Pendant des d¨¦cennies, les gouvernements isra¨¦liens successifs ont mis en ?uvre des plans directeurs pour coloniser la Cisjordanie. En 1992, sur les 70?000?hectares de terres palestiniennes situ¨¦s dans la zone C, seuls 12?% restaient disponibles pour des projets palestiniens apr¨¨s une appropriation par Isra?l en tant que ??terres domaniales??[33]. Dans le m¨ºme temps, Isra?l a radicalement modifi¨¦ la d¨¦mographie de la zone C, en y transf¨¦rant plus de 500?000?colons juifs isra¨¦liens[34] – une mesure irr¨¦versible aux cons¨¦quences permanentes et r¨¦v¨¦latrice de l¡¯expression de la souverainet¨¦[35]. Entre-temps, Isra?l applique un certain nombre de ses lois nationales directement ¨¤ la Cisjordanie, notamment la loi sur l¡¯enseignement sup¨¦rieur[36] et la loi sur le tribunal des affaires administratives[37].

Deuxi¨¨mement, la mani¨¨re dont Isra?l administre la Palestine occup¨¦e, caract¨¦ris¨¦e par une occupation prolong¨¦e et par des politiques et des plans d¡¯implantation de colonies de peuplement, constitue ¨¦galement une violation du droit des peuples ¨¤ disposer d¡¯eux-m¨ºmes[38]. Compte tenu de la dur¨¦e consid¨¦rable de l¡¯occupation bellig¨¦rante par Isra?l, qui se prolonge maintenant depuis environ 56?ans apr¨¨s la r¨¦solution?242?(1967) du Conseil de s¨¦curit¨¦ appelant ¨¤ son ??retrait??, depuis 45?ans apr¨¨s les Accords de Camp David mettant fin au conflit avec l¡¯?gypte et depuis 39?ans apr¨¨s l¡¯Accord de paix avec la Jordanie, il est clair que la menace initiale pr¨¦sum¨¦e ayant incit¨¦ Isra?l ¨¤ recourir ¨¤ la force dans le cadre d¡¯une l¨¦gitime d¨¦fense pr¨¦ventive a compl¨¨tement et irr¨¦vocablement pris fin. Dans le m¨ºme temps, le zonage par Isra?l des biens immobiliers palestiniens pour des implantations r¨¦sidentielles, agricoles, industrielles et touristiques, des r¨¦serves naturelles et arch¨¦ologiques et des zones de tir militaire a entra?n¨¦ l¡¯accaparement de plus de 100?000?hectares de terres palestiniennes priv¨¦es et publiques et la d¨¦molition de plus de 50?000?habitations palestiniennes depuis 1967[39]. L¡¯alt¨¦ration des faits sur le terrain, l¡¯effacement de la pr¨¦sence palestinienne et l¡¯ing¨¦rence d¡¯Isra?l dans le processus d¨¦mocratique sont men¨¦s, selon nous, pour compromettre la viabilit¨¦ de la Palestine en tant qu¡¯?tat ind¨¦pendant, en niant le droit collectif du peuple palestinien ¨¤ disposer de lui-m¨ºme[40].

Troisi¨¨mement, il est de plus en plus reconnu qu¡¯Isra?l met en ?uvre des politiques et des pratiques d¡¯apartheid discriminatoires ¨¤ l¡¯encontre des Palestiniens des deux c?t¨¦s de la Ligne verte[41]. Notamment, Isra?l conf¨¨re des droits aux Juifs isra¨¦liens et pratique une discrimination syst¨¦matique ¨¤ l¡¯encontre des Palestiniens. La loi sur l¡¯acquisition des terres (5713-1953), par exemple, facilite l¡¯ali¨¦nation des terres palestiniennes confisqu¨¦es au profit de diverses institutions de l¡¯?tat isra¨¦lien, y compris l¡¯Autorit¨¦ de d¨¦veloppement. Des organisations para¨¦tatiques, telles que l¡¯Agence juive et l¡¯Organisation sioniste mondiale, sont charg¨¦es d¡¯exercer une discrimination mat¨¦rielle, notamment par l¡¯attribution de terres palestiniennes confisqu¨¦es ¨¤ des Juifs isra¨¦liens[42]. Dans le m¨ºme temps, les Juifs isra¨¦liens peuvent revendiquer la propri¨¦t¨¦ de biens r¨¦sidentiels palestiniens dans la J¨¦rusalem-Est occup¨¦e en vertu de la loi sur les questions juridiques et administratives (1970)[43]. Les gouvernements successifs ont cherch¨¦ ¨¤ cr¨¦er une majorit¨¦ d¨¦mographique juive et ¨¤ r¨¦duire et ¨¤ ¨¦liminer les Palestiniens. En vertu de la loi du retour adopt¨¦e par Isra?l (1950), ??tout Juif a le droit de venir dans ce pays en qualit¨¦ d¡¯Oleh?? et la citoyennet¨¦ isra¨¦lienne est ??accord¨¦e ¨¤ tout Juif qui a exprim¨¦ son d¨¦sir de s¡¯installer en Isra?l??[44]. Dans le m¨ºme temps, quelque sept millions de r¨¦fugi¨¦s palestiniens se voient refuser leur droit au retour, dont 450?000?Palestiniens d¨¦plac¨¦s en tant que r¨¦fugi¨¦s pendant la Naksa d¨¦coulant de la Guerre de Six Jours de 1967[45]. Ces pratiques indiquent, entre autres, qu¡¯Isra?l administre le Territoire palestinien occup¨¦ sous un r¨¦gime de discrimination raciale syst¨¦matique et d¡¯apartheid.

La section conclut que la violation de l¡¯interdiction de l¡¯annexion, le refus de l¡¯exercice du droit ¨¤ l¡¯autod¨¦termination et l¡¯application d¡¯un r¨¦gime d¡¯apartheid en Palestine occup¨¦e par Isra?l sont autant d¡¯indices d¡¯une administration ill¨¦gale de mauvaise foi du territoire occup¨¦, en violation des principes d¡¯imm¨¦diatet¨¦, de n¨¦cessit¨¦ et de proportionnalit¨¦ de la l¨¦gitime d¨¦fense. L¡¯¨¦tude examine ensuite les effets d¡¯une occupation de mauvaise foi sur l¡¯exercice du droit externe ¨¤ l¡¯autod¨¦termination des peuples. En raison du statut d¡¯ancien territoire sous mandat de la Palestine, lequel fait l¡¯objet d¡¯une ??mission sacr¨¦e?? envers le peuple palestinien, la communaut¨¦ internationale reste tenue par une obligation internationale ??de ne reconna?tre aucune modification unilat¨¦rale du statut de ce territoire??[46]. L¡¯id¨¦e selon laquelle les territoires occup¨¦s ou les anciens territoires sous mandat reviendraient ¨¤ un statut colonial a ¨¦t¨¦ ¨¦cart¨¦e de mani¨¨re d¨¦finitive dans l¡¯avis consultatif sur le Sud-Ouest africain, dans lequel la Cour internationale de Justice a expliqu¨¦ qu¡¯??[a]ccepter la th¨¨se du Gouvernement sud-africain sur ce point aurait abouti au retour des territoires sous mandat au statut colonial et au remplacement virtuel du syst¨¨me des mandats par l¡¯annexion, solution qui avait ¨¦t¨¦ r¨¦solument ¨¦cart¨¦e en 1920??[47]. Il est important de noter que la situation en Palestine a ¨¦t¨¦ reconnue comme une ??question de droit ¨¤ l¡¯autod¨¦termination des peuples sous domination coloniale ou ¨¦trang¨¨re?? qui n¡¯a pas encore ¨¦t¨¦ tranch¨¦e[48]. En tant que telle, l¡¯occupation de mauvaise foi du territoire palestinien par Isra?l, qui le traite comme un ??territoire contest¨¦?? sans souverainet¨¦, et qui encha?ne les annexions de jure et de facto, les manipulations d¨¦mographiques et les entreprises de colonisation, entre autres, viole le droit permanent ¨¤ l¡¯autod¨¦termination et ¨¤ la souverainet¨¦ du peuple palestinien en tant que territoire sous mandat.

Partie?V ¨C Obligation de faire cesser l¡¯occupation ill¨¦gale

Le droit international sur la responsabilit¨¦ de l¡¯?tat impose qu¡¯Isra?l mette fin aux faits internationalement illicites et offre ??des assurances et des garanties de non-r¨¦p¨¦tition appropri¨¦es??[49]. En particulier, la Cour internationale de Justice a estim¨¦ que l¡¯Afrique du Sud avait l¡¯obligation de ??retirer son administration du territoire de la Namibie???; de la m¨ºme mani¨¨re, dans l¡¯affaire Chagos, elle a encourag¨¦ le Royaume-Uni ¨¤ mettre fin ¨¤ son administration de l¡¯archipel des Chagos ??dans les plus brefs d¨¦lais??[50]. Pour la Palestine, une restitution appropri¨¦e peut donc prendre la forme d¡¯une lib¨¦ration des prisonniers politiques palestiniens, d¡¯une restitution des biens, y compris des biens culturels saisis par les autorit¨¦s d¡¯occupation, d¡¯un d¨¦mant¨¨lement des colonies isra¨¦liennes ill¨¦gales en Cisjordanie occup¨¦e et ¨¤ J¨¦rusalem-Est, d¡¯une lev¨¦e du blocus de la bande de Gaza, d¡¯un d¨¦mant¨¨lement du r¨¦gime institutionnalis¨¦ de lois, de politiques et de pratiques d¡¯apartheid discriminatoires et d¡¯un d¨¦mant¨¨lement de l¡¯administration d¡¯occupation. ?tant donn¨¦ qu¡¯Isra?l n¡¯a pas mis en ?uvre l¡¯avis consultatif pr¨¦c¨¦dent sur la construction du mur d¡¯annexion, les assurances et les garanties de non-r¨¦p¨¦tition risquent d¡¯¨ºtre une solution insuffisante[51]. Il pourrait ¨¦galement ¨ºtre n¨¦cessaire de cr¨¦er une commission d¡¯indemnisation arbitrale neutre charg¨¦e d¡¯examiner les demandes d¡¯indemnisation collectives d¨¦coulant des cons¨¦quences des violations commises par la Puissance occupante[52]. Notamment, une ¨¦tude r¨¦alis¨¦e en 2019 par la Conf¨¦rence des Nations Unies sur le commerce et le d¨¦veloppement a conclu que les co?ts fiscaux cumul¨¦s de l¡¯occupation isra¨¦lienne pour l¡¯¨¦conomie palestinienne au cours de la p¨¦riode 2000-2019 ¨¦taient estim¨¦s ¨¤ 58?milliards de dollars. Dans la bande de Gaza, les co?ts ¨¦conomiques de l¡¯occupation pour la p¨¦riode?2007-2018 ont ¨¦t¨¦ estim¨¦s ¨¤ 16,7?milliards de dollars[53]. L¡¯exploitation des ressources naturelles et l¡¯impossibilit¨¦ d¡¯en tirer profit ont co?t¨¦ ¨¤ l¡¯¨¦conomie palestinienne, sur dix-huit ans, 7,162?milliards de dollars en recettes du gaz provenant de la mer de Gaza et 67,9?milliards de dollars en recettes du p¨¦trole provenant du champ p¨¦trolier de Meged ¨¤ Rantis[54]. Au total, depuis 1948, les pertes subies par la Palestine sont ¨¦valu¨¦es ¨¤ plus de 300?milliards de dollars[55].

L¡¯¨¦tude souligne que l¡¯occupation ill¨¦gale et les violations des normes imp¨¦ratives du droit international par Isra?l ont des cons¨¦quences internationales[56] et que les ?tats tiers et la communaut¨¦ internationale sont tenus de mettre fin ¨¤ l¡¯administration ill¨¦gale du territoire occup¨¦. Ce faisant, l¡¯¨¦tude souligne la n¨¦cessit¨¦ d¡¯une d¨¦soccupation et d¡¯une d¨¦colonisation compl¨¨tes du territoire palestinien, en commen?ant par le retrait imm¨¦diat, inconditionnel et total des forces d¡¯occupation isra¨¦liennes et le d¨¦mant¨¨lement de l¡¯administration militaire. Il est crucial que le retrait, qui marque la fin d¡¯un fait internationalement illicite, ne fasse pas l¡¯objet de n¨¦gociations. Des sanctions et des contre-mesures compl¨¨tes, y compris des restrictions ¨¦conomiques, des embargos sur les armes et la rupture des relations diplomatiques et consulaires, devraient ¨ºtre mises en ?uvre imm¨¦diatement, en tant que r¨¦ponse erga omnes des ?tats tiers et de la communaut¨¦ internationale aux graves violations par Isra?l des normes imp¨¦ratives du droit international. La communaut¨¦ internationale doit prendre des mesures imm¨¦diates en vue de la r¨¦alisation des droits collectifs du peuple palestinien, y compris des r¨¦fugi¨¦s et des exil¨¦s de la diaspora, en commen?ant par un pl¨¦biscite organis¨¦ sous la surveillance de l¡¯Organisation des Nations Unies, afin d¡¯entreprendre l¡¯ach¨¨vement de la d¨¦colonisation.

Par sa r¨¦solution?2334?(2016), notamment, le Conseil de s¨¦curit¨¦ a exhort¨¦, sans tarder, ¨¤ des efforts internationaux et diplomatiques pour ??mettre fin ¨¤ l¡¯occupation isra¨¦lienne qui a commenc¨¦ en 1967??. Toutefois, les efforts diplomatiques d¨¦ploy¨¦s depuis les ann¨¦es?90 semblent reposer sur le principe discutable de l¡¯¨¦change de territoires contre la paix qui, s¡¯il ¨¦tait invoqu¨¦ pour priver la population palestinienne prot¨¦g¨¦e de ses droits inali¨¦nables ¨¤ l¡¯autod¨¦termination et ¨¤ la souverainet¨¦ permanente sur les ressources nationales, constituerait ¨¦galement un fait internationalement illicite. En tant que telle, l¡¯obligation de retrait de l¡¯?tat d¡¯un territoire ill¨¦galement occup¨¦ est inconditionnelle, imm¨¦diate et absolue. Les r¨¦solutions de l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale pr¨¦voient des conditions importantes pour le ??retrait inconditionnel et total?? d¡¯Isra?l, ce qui signifie que le retrait ne doit pas faire l¡¯objet de n¨¦gociations, mais qu¡¯il s¡¯agit plut?t de mettre fin ¨¤ un fait internationalement illicite.

Conclusion

La feuille de route la plus cr¨¦dible pour la d¨¦soccupation et la d¨¦colonisation du territoire palestinien consiste ¨¤ faire la synth¨¨se des nombreuses recommandations formul¨¦es par les ?tats tiers et par la communaut¨¦ internationale dans les affaires Chagos et Namibie. Il est ¨¦galement clair que le droit g¨¦n¨¦ral sur la responsabilit¨¦ de l¡¯?tat pour des violations graves de normes imp¨¦ratives du droit international peut s¡¯inspirer des r¨¦solutions du Conseil de s¨¦curit¨¦ de l¡¯ONU, qui donnent ??une id¨¦e g¨¦n¨¦rale applicable ¨¤ toutes les situations cr¨¦¨¦es par des violations graves??, y compris l¡¯interdiction de l¡¯aide ou de l¡¯assistance au maintien du r¨¦gime ill¨¦gal[57]. Naturellement, l¡¯enceinte la plus appropri¨¦e pour examiner la l¨¦galit¨¦ de l¡¯occupation est la Cour internationale de Justice. Que l¡¯occupation soit ill¨¦gale ab initio ou qu¡¯elle le devienne, les cons¨¦quences devraient ¨ºtre le retrait imm¨¦diat, inconditionnel et total des forces militaires d¡¯Isra?l, le retrait des colons et le d¨¦mant¨¨lement du r¨¦gime administratif militaire, avec des instructions claires selon lesquelles le retrait pour violation d¡¯un fait internationalement illicite n¡¯est pas sujet ¨¤ n¨¦gociation. Des r¨¦parations compl¨¨tes et proportionn¨¦es devraient ¨ºtre octroy¨¦es aux personnes, soci¨¦t¨¦s et entit¨¦s palestiniennes concern¨¦es pour le pr¨¦judice g¨¦n¨¦rationnel caus¨¦ par l¡¯appropriation de terres et de biens, les d¨¦molitions de maisons, le pillage des ressources naturelles, le refus du retour et d¡¯autres crimes de guerre et crimes contre l¡¯humanit¨¦ orchestr¨¦s par Isra?l, occupant ill¨¦gal, ¨¤ des fins colonialistes et annexionnistes.

[1] Sir Robert Jennings, Arthur Watts, Oppenheim’s International Law, Volume I, Peace (9e ¨¦dition, Longman, Londres et New York) 204.

[2] ??Ottoman Debt Arbitration??, Borel Arbitration, 3 International Law Reports 1925-1926, (28?avril 1925) affaire no?360.

[3] Gregory H. Fox, ??Occupation transformative et impulsion unilat¨¦raliste??, 885 Revue internationale de la Croix-Rouge, (mars 2012) 237.

[4] Shwenk Edmund H., ??Legislative Power of the Military Occupant under Article 43 Hague Regulations??, 54(2) Yale Law Journal (1944-1945) 393-416, 399.

[5] Cour supr¨ºme de Norv¨¨ge, A. v. Oslo Sparebank (The Crown Intervening) (14?janvier 1956) International Law Reports Year, 1956, p. 791.

[6] Michael Lynk, ??Prolonged Occupation or Illegal Occupant???? (EJILTalk, 16?mai 2018).

[7] Cour internationale de Justice, Activit¨¦s arm¨¦es sur le territoire du Congo (R¨¦publique d¨¦mocratique du Congo c. Ouganda), arr¨ºt, C.I.J. Recueil?2005, p.?168, par. 345, p. 280.

[8] R¨¦solution?674 du Conseil de s¨¦curit¨¦ du 29?octobre 1990, par. 8.

[9] R¨¦solution?435?(1978) du Conseil de s¨¦curit¨¦, par. 2 ; r¨¦solution?276?(1970) du Conseil de s¨¦curit¨¦.

[10] R¨¦solution?62/243 de l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale du 25?avril 2008, par. 5.

[11] R¨¦solution?3061?(XXVIII) de l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale, par. 2.

[12] Commission des droits de l¡¯homme de l¡¯Organisation des Nations Unies, Situation au Kampuchea (27?f¨¦vrier 1985) E/CN.4/RES/1985/12, par. 3.

[13] R¨¦solution?32/20?(1977) de l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale, pr¨¦ambule?; voir ¨¦galement la r¨¦solution?3414?(XXX) de l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale du 5?d¨¦cembre 1975, par. 1.

[14] Conseil ¨¦conomique et social de l¡¯ONU, E/RES/2010/6 (20?juillet 2010), E/RES/2013/17 (9?octobre 2013), E/RES/2015/13 (19?ao?t 2015) et E/RES/2016/4 (22?juillet 2016).

[15] Minist¨¨re des affaires ¨¦trang¨¨res, Israeli Settlements and International Law (30?novembre 2015).

[16] HCJ 1661/05, Gaza Coast Regional Council v Knesset of Israel (9?juin 2005) par. 3.

[17] Amarachi Orie, ??Australia Reverses Decision to Recognise West Jerusalem as Israel’s Capital??, Sky News, 25?octobre 2022.

[18] Minist¨¨re des affaires ¨¦trang¨¨res, Israeli Settlements and International Law (30?novembre 2015).

[19] Tribunal militaire international de Nuremberg, proc¨¨s de Goring, von Schirach et autres, 1946-49, 10 Law Reports of the Trials of War Criminals (1946 – 1949), p. 533.

[20] Antonio Cassese, Self-determination of Peoples?: A Legal Reappraisal (CUP 1995) 99?; Christine Gray, International Law and the Use of Force (OUP 2008) 154-155.

[21] Cour internationale de Justice, Activit¨¦s militaires et paramilitaires au Nicaragua et contre celui-ci (Nicaragua c. ?tats-Unis d¡¯Am¨¦rique), fond, arr¨ºt, C.I.J. Recueil?1984, p.?213, par. 237.

[22] Cour internationale de Justice, Lic¨¦it¨¦ de la menace ou de l¡¯emploi d¡¯armes nucl¨¦aires, avis consultatif, C.I.J. Recueil?1996, p.?245, par. 42.

[23] HCR ??Implementation of United Nations Resolutions Relating to the Right of Peoples Under Colonial and Alien Domination to Self-Determination??, ¨¦tude pr¨¦par¨¦e par M.?Hector Gros Espiell, rapporteur sp¨¦cial, (20?juin 1978) E/CN.4/Sub.2/405 (vol.I), par. 78.

[24] Cour internationale de Justice, Timor oriental (Portugal c. Australie), arr¨ºt, C.I.J. Recueil?1995, p.?90, par. 29.

[25] Cour internationale de Justice, Diff¨¦rend frontalier (Burkina Faso/R¨¦publique du Mali), arr¨ºt, C.I.J. Recueil?1986, p.?554, opinion individuelle de M. Luchaire, p.?653.

[26] Documents officiels de l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale des Nations Unies (29?juin 1967), Doc. A/PV.1541, p.?7?; Documents officiels de l¡¯Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale des Nations Unies (27?juin 1967), Doc. A/PV.1538, p.?9.

[27] Tom Ruys, ??Armed Attack?? and Article 51 of the United Nations Charter, Evolutions in Customary Law and Practice (CUP 2010) 277.

[28] Schwarzenberger, International Courts, Volume II, The Law of Armed Conflict (Stevens and Sons Limited 1968) 35.

[29] Cour internationale de Justice, Affaire du D¨¦troit de Corfou (Royaume-Uni c. Albanie), fond, arr¨ºt du 9?avril 1949, C.I.J. Recueil?1949, p.?4, par.?29.

[30] Minist¨¨re isra¨¦lien des affaires ¨¦trang¨¨res, ?1967: The Six-Day War and the Historic Reunification of Jerusalem? (2013).

[31] Loi fondamentale sur J¨¦rusalem, Capitale d¡¯Isra?l, 34 Laws of the State of Israel 209 (1980).

[32] ??The Comay-Meron Cable Reveals Reasons for Israeli Position on Applicability of 4th Geneva Convention?? (Akevot, 20?mars 1968).

[33] ONU-Habitat, ??Spatial Planning in Area C of the Israeli Occupied West Bank of the Palestinian Territory Report of an International Advisory Board?? (mai 2015) 18.

[34] Population – Statistical Abstract of Israel 2019 – No. 70, Population of Jews and Others by Natural Region (2018); OCHA, ?Under Threat: Demolition orders in Area C of the West Bank?; Claire Parker, ? Jewish Settler Population in West Bank Passes Half a Million ? The Washington Post (2?f¨¦vrier 2023).

[35] Al-Haq, Establishing Guidelines to Determine whether the Legal Status of ‘Area C’ in the Occupied Palestinian Territory represents Annexed Territory under International Law (2020) 47.

[36] ??Israel¡¯s Creeping Annexation?: Knesset Votes to Extend Israeli Law to Academic Institutions in the West Bank??, Haaretz, 12?f¨¦vrier 2018.

[37] Naschitz Brandes Amir, ? Administrative Law?: The Jurisdiction of the Administrative Affairs Court is Extended to Cover a Variety of Additional Matters?? Lexology (4?mars 2016)

[38] Cour p¨¦nale internationale, Demande pr¨¦sent¨¦e par l¡¯Accusation en vertu de l¡¯Article?19-3 du Statut pour que la Cour se prononce sur sa comp¨¦tence territoriale en Palestine, No?ICC-01/18 (22?janvier 2022), par. 9.

[39] Amnesty International, L¡¯occupation isra¨¦lienne?: 50?ans de spoliations, 2017.

[40] HCJ 7803/06, Khalid Abu Arafeh, et al. v Minister of Interior (2006).

[41] CERD/C/ISR/CO/17-19, Observations finales concernant le rapport d¡¯Isra?l valant dix-septi¨¨me ¨¤ dix-neuvi¨¨me rapports p¨¦riodiques (27?janvier 2020) par. 23?; HCR, ??Israel’s 55-year Occupation of Palestinian Territory is Apartheid – ±¬ÁÏÍø Human Rights Expert?? (25?mars 2022) ; Al-Haq et al, Israeli Apartheid?: Tool of Zionist Settler Colonialism (29?novembre 2022)?; Al Mezan, The Gaza Bantustan – Israeli Apartheid in the Gaza Strip (29?novembre 2021)?; Addameer et Harvard Human Rights Clinic, Joint Submission on Apartheid to the ±¬ÁÏÍø Independent Commission of Inquiry on the Occupied Palestinian Territory and Israel (3?mars 2022)?; B’Tselem, A regime of Jewish Supremacy from the Jordan River to the Mediterranean Sea?: This is Apartheid (12?janvier 2021)?; Human Rights Watch, A Threshold Crossed, Israeli Authorities and the Crimes of Apartheid and Persecution (27?avril 2021)?; Amnesty International, L¡¯apartheid isra¨¦lien envers le peuple palestinien, Retour sur plusieurs d¨¦cennies d¡¯oppression et de domination (2022).

[42] Constitution de l¡¯Organisation sioniste mondiale et ses r¨¨glements d¡¯application (mis ¨¤ jour en novembre 2019). L¡¯article?2 de la Constitution de l¡¯Organisation sioniste mondiale dispose que ??le but du sionisme est de cr¨¦er pour le peuple juif un foyer en Eretz Isra?l garanti par le droit public??.

[43] Organisation des Nations Unies, ??Amid International Inaction, Israel’s Systematic ¡°Demographic Engineering¡± Thwarting Palestinians’ Ability to Pursue Justice, Speakers Tell International Conference East Jerusalem Crisis ¡°Far from Over¡±, Under-Secretary-General Says, Warning Threats to Status Quo in Holy City Can Have Severe Global Repercussions?? (1er?juillet 2021).

[44] Loi du retour 5710-1950 (5?juillet 1950).

[45] ?tat de Palestine, ??It Is Apartheid?: The Reality of Israel¡¯s Colonial Occupation of Palestine?? (juin 2021) 18.

[46] Cour internationale de Justice, Cons¨¦quences juridiques de l¡¯¨¦dification d¡¯un mur dans le Territoire palestinien occup¨¦, avis consultatif, C.I.J. Recueil?2004, p.?136, opinion individuelle de M.?Koroma, par. 7.

[47] Cour internationale de Justice, Cons¨¦quences juridiques pour les ?tats de la pr¨¦sence continue de l¡¯Afrique du Sud en Namibie (Sud-Ouest africain) nonobstant la r¨¦solution?276 (1970) du Conseil de s¨¦curit¨¦, avis consultatif, C.I.J. Recueil?1971, p.?16, p.?21.

[48] Hector Gros Espiell, Rapporteur sp¨¦cial de la Sous-Commission de la lutte contre les mesures discriminatoires et de la protection des minorit¨¦s, ??The Right to Self-Determination Implementation of United Nations Resolutions?? (1980) 48-51.

[49] Articles sur la responsabilit¨¦ de l¡¯?tat pour fait internationalement illicite (2001), art. 30, points?a) et b).

[50] Cour internationale de Justice, Effets juridiques de la s¨¦paration de l¡¯archipel des Chagos de Maurice en 1965, avis consultatif, C.I.J. Recueil?2019, p.?25, para. 178.

[51] Cour internationale de Justice, Cons¨¦quences juridiques de l¡¯¨¦dification d¡¯un mur dans le Territoire palestinien occup¨¦, avis consultatif, C.I.J. Recueil?2004, p.?136.

[52] Par exemple, le trait¨¦ de paix sign¨¦ entre l¡¯?thiopie et l¡¯?rythr¨¦e le 12?d¨¦cembre 2000, qui pr¨¦voyait la cr¨¦ation d¡¯une commission d¡¯indemnisation arbitrale neutre.

[53] Conf¨¦rence des Nations Unies sur le commerce et le d¨¦veloppement, ??Les co?ts ¨¦conomiques de l¡¯occupation isra¨¦lienne pour le peuple palestinien?: l¡¯appauvrissement de Gaza sous le blocus?? (2020) p.?34.

[54] Conf¨¦rence des Nations Unies sur le commerce et le d¨¦veloppement, ??Les co?ts ¨¦conomiques de l¡¯occupation isra¨¦lienne pour le peuple palestinien?: le potentiel gazier et p¨¦trolier inexploit¨¦?? (2019), p.?15, 25.

[55] Ibid.

[56] Rosalyn Higgins, ??The Place of International Law in the Settlement of Disputes by the Security Council??, 64 AM. J. INT¡¯L L. 1, (1970) 8?; Gabriella Blum, ??The Fog of Victory?? 24 Eur. J. Int¡¯l L. (2012) 391?; Omar Dajani, ??Symposium on Revisiting Israel’s Settlements?: Israel’s Creeping Annexation??, 111 American Journal of International Law (2017) 52?; Salvatore Fabio Nicolosi, ??The Law of Military Occupation and the Role of De Jure and De Facto Sovereignty?? XXXI Polish Yearbook of International Law (2011).

[57] R¨¦solution?1284?(1999) du Conseil de s¨¦curit¨¦, p.?115, par. 12.