24 avril 2017 ¨C A la veille de la Journ¨¦e mondiale de lutte contre le paludisme, l’Organisation mondiale de la ³§²¹²Ô³Ù¨¦ () a appel¨¦ lundi ¨¤ l’acc¨¦l¨¦ration des efforts visant ¨¤ pr¨¦venir cette maladie et ¨¤ sauver des vies.
Avec le diagnostic et le traitement, l’OMS recommande un ensemble d’approches de pr¨¦vention qui ont fait leurs preuves, notamment l’utilisation de moustiquaires impr¨¦gn¨¦es d’insecticide, la pulv¨¦risation d’insecticide ¨¤ l’int¨¦rieur des habitations et les traitements pr¨¦ventifs pour les groupes les plus vuln¨¦rables, ¨¤ savoir les femmes enceintes, les enfants de moins de cinq ans et les nourrissons.
? Les outils recommand¨¦s par l’OMS ont permis de faire des progr¨¨s mesurables dans la lutte contre le paludisme ?, a d¨¦clar¨¦ la Directrice g¨¦n¨¦rale de l’OMS, Dr Margaret Chan. ? Nous devons toutefois donner une plus forte impulsion ¨¤ la pr¨¦vention, en particulier en Afrique, le continent qui supporte la charge la plus ¨¦lev¨¦e de la maladie ?.
Intensifier les efforts sur le continent africain
En Afrique subsaharienne, r¨¦gion qui supporte 90% de la charge mondiale du paludisme, plus de 663 millions de cas ont ¨¦t¨¦ ¨¦vit¨¦s depuis 2001. Les moustiquaires impr¨¦gn¨¦es d’insecticide ont eu le plus fort impact, repr¨¦sentant, selon les estimations, 69 % des cas ¨¦vit¨¦s gr?ce aux moyens de lutte.
Le dernier Rapport sur le paludisme dans le monde de 2016 de l’OMS met en lumi¨¨re les principales lacunes en mati¨¨re de couverture par la pr¨¦vention, en particulier en Afrique subsaharienne. On estime qu’en 2015, 43% des personnes expos¨¦es au risque dans la r¨¦gion n’¨¦taient pas prot¨¦g¨¦es par les moustiquaires ou les pulv¨¦risations d’insecticide ¨¤ l’int¨¦rieur des habitations. Environ 69% des femmes enceintes dans 20 pays africains n’avaient pas acc¨¨s aux trois doses au moins recommand¨¦es par l’OMS pour le traitement pr¨¦ventif.
Si certaines approches de pr¨¦vention cibl¨¦es ont ¨¦t¨¦ adopt¨¦es par des pays en tant que politique, leur mise en ?uvre effective a ¨¦t¨¦ lente. Par exemple, seule la Sierra Leone met en ?uvre actuellement le traitement pr¨¦ventif pour les nourrissons, lequel est non seulement s?r et rentable, mais aussi accept¨¦ par les agents de sant¨¦ et les communaut¨¦s.
Dans la r¨¦gion du Sahel, o¨´ la plupart des cas de paludisme et de d¨¦c¨¨s dus ¨¤ la maladie chez les enfants surviennent pendant la saison des pluies, l’OMS recommande la chimiopr¨¦vention du paludisme saisonnier, un traitement pr¨¦ventif qui a donn¨¦ la preuve de son efficacit¨¦ en permettant de r¨¦duire d’environ 75% les nouveaux cas de paludisme s¨¦v¨¨re chez le jeune enfant. En 2015, 10 pays (Burkina Faso, Gambie, Guin¨¦e, Guin¨¦e-Bissau, Mali, Niger, Nig¨¦ria, S¨¦n¨¦gal, Tchad et Togo) ont adopt¨¦ la chimio-pr¨¦vention du paludisme saisonnier et ont commenc¨¦ ¨¤ la mettre en ?uvre.
? Tout d¨¦c¨¨s imputable au paludisme est simplement inacceptable ?
Selon le rapport de l’OMS, le nombre de cas de paludisme a baiss¨¦ de 21% ¨¤ l’¨¦chelle mondiale entre 2010 et 2015 et celui des d¨¦c¨¨s de 29% sur la m¨ºme p¨¦riode de cinq ans. En Afrique subsaharienne, l’incidence du paludisme et le taux de mortalit¨¦ ont baiss¨¦ de 21% et de 31%, respectivement.
D’autres r¨¦gions ont beaucoup progress¨¦ en mati¨¨re de lutte contre le paludisme, toutefois la maladie demeure une grave menace pour la sant¨¦ publique. En 2015, le paludisme ¨¦tait responsable de 429.000 d¨¦c¨¨s dans le monde et on d¨¦nombrait 212 millions de nouveaux cas. Un enfant mourait du paludisme toute les deux minutes.
? Tout d¨¦c¨¨s imputable au paludisme, maladie qu’il est possible d’¨¦viter ou de traiter, est simplement inacceptable ?, a indiqu¨¦ le Directeur du Programme mondial de lutte antipaludique ¨¤ l’OMS, Dr Pedro Alonso. ? Aujourd’hui, nous invitons instamment les pays et les partenaires ¨¤ acc¨¦l¨¦rer le rythme de l’action, en particulier dans les pays ¨¤ revenu faible o¨´ la charge du paludisme est ¨¦lev¨¦e ?.
Quatre-vingt-onze pays ont signal¨¦ une transmission en cours du paludisme en 2015, et l’ensemble de ces pays s’efforcent de r¨¦duire la charge de la maladie moyennant la mise en place et l’utilisation des outils de pr¨¦vention, de diagnostic et de traitement recommand¨¦s par l’OMS.
En mai 2015, l’Assembl¨¦e mondiale de la ³§²¹²Ô³Ù¨¦ a approuv¨¦ la Strat¨¦gie technique mondiale de lutte contre le paludisme 2016-2030, un sch¨¦ma directeur sur 15 ans pour l’ensemble des pays s’effor?ant de lutter contre le paludisme et d’¨¦liminer la maladie. La Strat¨¦gie fixe des cibles ambitieuses pour 2030, notamment r¨¦duire l’incidence du paludisme et les taux de mortalit¨¦ d’au moins 90%, ¨¦liminer la maladie dans au moins 35 pays et ¨¦viter la r¨¦introduction de la maladie dans les pays exempts de paludisme.